Qui suis-je :

Ma petite histoire...

Carole Maret, artisane de Tagua, Kokobelli

Je m’appelle Carole Maret.

Mon histoire et celle de KOKOBELLI® commencent par quelques voyages initiatiques et fondateurs.
D’abord responsable de projets de développement ici et ailleurs, puis formatrice et coordinatrice pédagogique, photographe de rues à mes heures perdues, j’ai cherché ma voie pendant plusieurs années.

J’ai aimé tous mes métiers. Mais celui que je préfère est celui que je me suis inventé…

En 2008, j’ai découvert l’existence de la « tagua ». De là, est né un projet professionnel qui m’a fait changer de vie.

Amenée à transformer la matière et transformée moi-même par l’aventure, je suis devenue « taguera », artisane de tagua...

Par la force des choses, mon apprentissage du métier s’est fait de façon essentiellement autodidacte, en prenant la forme d’une quête, m’amenant à voyager autant à travers la matière qu’à travers l’Histoire, et même à travers l’Espace et les continents...

Depuis le début et définitivement, pour moi, créer un bijou, c'est partir en voyage...

A la découverte d'un métier disparu et lointain

En France, le travail de la tagua est aujourd’hui méconnu, bien qu’il ait existé et connu une certaine notoriété au début du XXème siècle, dans les fabriques de boutons en « corozo », autre nom de l’ivoire végétal.

En Equateur, il recouvre au contraire tout un corps de métiers traditionnel : les «tagueros » et « tagueras » désignent aussi bien les ramasseurs-sécheurs de noix, que ceux qui les transforment, en font un premier dégrossissage, jusqu’aux plus talentueux maîtres-artisans de tagua, généralement spécialisés comme sculpteur, graveur, tourneur, teinturier…, qui collaborent entre eux.



Enquête historique et expérimentations à l’atelier

Histoire des boutons en corozoMon apprentissage est d’abord passé par un intense travail de recherches documentaires, suivies d’expérimentations à l’atelier, qui m’a amenée à redécouvrir les anciennes techniques du travail du corozo, dont les outils n’existent plus vraiment.


Pour essayer de les reproduire, je me suis intéressée à d’autres métiers, en essayant d’adapter leurs techniques et outils, d’hier et d’aujourd’hui, à mon matériau si particulier : ivoiriers, couteliers, tabletiers, mais aussi lapidaires, sculpteurs et tourneurs sur bois, etc, auxquelles j’ai emprunté des techniques d’ébavurage, polissage au tonneau, brillantage…

En 2009, une courte initiation à la taille de l’os avec un sculpteur du Nord de la France m’a donné quelques bases pour façonner et polir mes premiers prototypes de pendentifs en ivoire végétal, avec un simple touret.



Voyages en Equateur et retour aux sources du métier

Arbre à tagua
1er voyage en Equateur en 2010,
visite d’une exploitation de tagua.
Kokobelli et Mario
Apprentissage des teintes avec Mario.

Parallèlement, je me suis rendu en Equateur à plusieurs reprises et j’ai développé une collaboration privilégiée avec un de mes partenaires équatoriens, Mario, qui m’a transmis les bases du processus de teintes.

Avec le temps, notre relation a évolué vers un mode de coopération et d’échanges de savoir-faire, somme toute assez inédit dans le monde artisanal. Mario m'a transmis certains savoir-faire techniques; de mon côté, je lui ai fait découvrir mes choix de design et les usages détournés que je faisais de la tagua. Parfois, nous avons échangé un secret de fabrication.

Un apprentissage entre tradition et innovation

tagua, graine d'ivoire végétale
Au fil de mes recherches, j’ai découvert l’existence d’autres variétés de « palmiers à ivoire » et d’ivoire végétal : le palmier doum d’Egypte, l’umukoko du Burundi, le latanier rouge à La Réunion, le metroxylon des îles Caroline… Chaque variété a son histoire et ses spécificités.

En partenariat avec l’association Ti Zardin, j’ai mené un travail de recherche spécifique autour du latanier rouge, palmier à ivoire endémique de La Réunion. En étroite concertation, nous avons réalisé toutes sortes de tests pour adapter les techniques de fabrication traditionnellement utilisées pour le travail de la tagua, aux spécificités du latanier, de façon à présenter une petite collection en ivoire végétal « français »… 


Ainsi, au fil de mes lectures et de mes rencontres avec des artisans d’ici et d’ailleurs, au détour d’expérimentations aux résultats parfois imprévus, j'ai découvert et en quelque sorte réinventé un métier insolite, quelque part entre le travail du lapidaire, de l’ivoirier, du boutonnier, du tourneur sur bois.

La suite du voyage, créer et apprendre inlassablement...

Mon travail a pris un tournant majeur au bout d'une dizaine d'années, impulsé par le désir d’associer mon ivoire végétal à un matériau local.

Portée par l’envie profonde de faire symboliquement le lien entre ici et là-bas, j’ai découvert de façon un peu fortuite, la présence de magnifiques fractales, textures et dessins variés, cachés au cœur des pommes de pin maritime, typiques de ma région, le Bassin d’Arcachon.

J’ai alors développé alors tout un travail, techniquement proche de la marquèterie, pour associer mes deux matières végétales sous formes d’inclusions et d’incrustations variées.

En me formant par la suite au travail des métaux précieux, j'explore de nouvelles façons de sublimer mes matières de coeur, associées à l'argent et à la feuille d'or.

Dernièrement, j’ai entrepris la fabrication de papier végétal avec les chutes de l’atelier, et réalisé une œuvre artistique de grande dimension avec du « papier tagua » (à ma connaissance une innovation technique !).

Pour autant, j’avoue que les possibilités de transformations de cette matière fabuleuse me semblent encore véritablement infinies, et par là-même mes propres perspectives d'apprentissage et de création. Puisque créer et apprendre sont pour moi passionnément, liés.

Pour en savoir plus, je vous invite à Me rendre visite à l’atelier.