L'art de l'ivoire végétal :
Un métier réinventé
Techniques employées, entre tradition et innovation :
Concernant la tagua, j’importe et reçois les noix complètement brutes et réalise toutes les transformations : écorçage, découpage, façonnage, ponçage, polissage, coloration, assemblages…
En Equateur, le travail de l'ivoire végétal est un métier à part entière, celui des "tagueros" et "tagueras". Il n'a pas d'équivalent en France, si ce n'est à la rigueur, le métier d'ivoirier, aujourd'hui interdit.
Mon atelier est constitué d’un outillage hétéroclite d’hier et d’aujourd’hui, empruntés à divers métiers, ou fabriqués par mes soins, qui me permet de décliner formes, textures, couleurs, effets de transparence.
Aux côtés d’une puissante scie à chantourner, tourne un authentique tonneau à polir des années 40, ainsi que des tourets de ponçage faits-mains, auxquels s’ajoute désormais un espace dédié au travail de bijouterie « à la cheville » et un autre pour la fonte…

L'art de l'ivoire végétal ou la tabletterie, quelque part entre marqueterie & bijouterie
Avec l’intégration des pommes de pin dans mon travail, je me suis focalisée sur de nouvelles techniques d’assemblages inédites et de plus en plus délicates (les deux matières étant organiques et sensibles à toutes sortes de variations), incrustations, encastrements, inclusions..., proches de la marqueterie, revisitée et adaptées aux spécificités de mes deux matériaux.

Le fait d'avoir ajouté le travail des métaux précieux dans mes créations et d'emprunter également des techniques de bijouterie traditionnelle pour réaliser des montages plus sophistiqués ainsi que de nouvelles formes d'ornementation (gravure, dorure...), tout cela fait que mon savoir-faire est aujourd'hui très proche de l'ancien métier de tabletier. En effet, la tabletterie était l'art d'utiliser des matières naturelles d'origine animale (os, corne, ivoire, nacre, écaille…) ou végétale comme le bois précieux ou le corozo, pour fabriquer des petits objets d'ornement ou utilitaires, et éventuellement des bijoux.
C'est l’un des plus anciens métiers d’art, aujourd’hui extrêmement rare, mais finalement je m'y reconnais pleinement.