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Il a suffi d’une rencontre pour faire germer une nouvelle façon de travailler ma matière de cœur, qui ne cesse de m’émerveiller.
Au détour d’une conversation, quelqu’un m’a parlé de lithophanie, ce procédé qui fait apparaître une image lorsque la lumière traverse une matière plus ou moins fine, parfois utilisée dans l'art japonais pour révéler des paysages...
Je me suis aussitôt demandé si je pourrais affiner suffisamment mon ivoire végétal pour laisser passer la lumière et révéler autrement ces dessins naturels que j’aime tant y découvrir...
J’ai évidé très finement une grosse noix de tagua, puis je l’ai posée sur une petite source lumineuse.
Et j’ai allumé.
Je ne m’attendais pas à ce que cela fonctionne aussi bien. Les arborescences sont apparues avec une profondeur nouvelle, comme une forêt miniature révélée de l’intérieur.
Ces petites veilleuses sont nées après les incendies de cet été. Sans vraiment l’avoir prémédité, je crois que j’ai cherché à faire apparaître une petite forêt de lumière, comme une ode à celle qui venait de disparaître.
Je l’ai appelée Shōrin, d’après un mot japonais qui signifie « forêt de pins », en écho à ma forêt bien-aimée.
Chaque noix porte un dessin différent. Chaque Shōrin est donc une pièce unique, un petit paysage à découvrir éteint, puis à regarder se transformer lorsque la lumière s’allume.
Plus qu’une petite lampe, Shōrin est un objet lumineux et contemplatif : sa lumière douce n’est pas destinée à éclairer une pièce, mais à révéler ce que la matière porte en elle.