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La «tagua» ou «ivoire végétal» :

Matière inspirante...

Une merveille du monde végétal

Arbre à tagua

Issues d’un palmier tropical de la famille des cocotiers, que l’on trouve principalement en Equateur, au Pérou, en Colombie, les noix de tagua ont la particularité de devenir extrêmement dures en séchant.

A l’intérieur d’un étrange fruit qui pourrait ressembler à une châtaigne géante, les graines de « tagua » sont bien protégées dans une double enveloppe, d’abord une bogue épaisse, rugueuse et piquante, qui contient plusieurs noix.


Mococha de tagua

Noix de tagua qui sèchent

Lorsqu’elles sont mûres, les gousses de tagua tombent par terre, les coques se brisent, éparpillant sur le sol les graines contenues à l’intérieur, qui sont alors ramassées.


Une fois qu’elles ont été ramassées, les graines sont mises à sécher pendant environ 2 mois au soleil.

Chaque noix s’insère dans une seconde coquille, fine et solide, qu’il faut casser avec un marteau.

Noix de tagua bruteNoix de tagua décortiquée

Des possibilités de transformation infinies

Noix d'voire végétal
Décortiquées, et c’est d’ailleurs sous cette forme que je les reçois, les noix s’offrent aux premières possibilités de transformations : découpage, façonnage, sculpture, gravure.

Ce qui en fait toute l’originalité, c’est ce qui se cache encore sous leur écorce striée de nervures naturelles : la matière elle-même, de couleur blanche, un blanc laiteux et pourtant lumineux.

Une fois travaillées, poncées, polies, dans les règles de l’art, les noix vont prendre un aspect très proche de l'ivoire, d’où leur surnom d’ivoire végétal, aussi bien en termes de couleur naturelle, qu’en terme de dureté, de douceur, de brillance, de durée de vie.

déco en tagua
Comme il s’agit d’une base organique et blanche, l’ivoire végétal se prête également à la coloration, ainsi qu’à bien d’autres métamorphoses.


Coupé en lamelles très fines, soigneusement polies et teintées, il offre des jeux de lumière et de transparence d’une grande délicatesse.

Bijoux Talisma en tagua



Travaillé en surface, à la façon des lapidaires, il prend au contraire l’apparence de la pierre.


La seule limite est l’imagination…

Un matériau écologique et alternatif

Très proche de l’ivoire animal, écologique, 100 % végétal et naturel, l’ivoire végétal se révèle une véritable alternative au massacre des éléphants, mais aussi un moyen de lutter contre la déforestation, en offrant une nouvelle source de revenus aux populations locales.

La « récolte » est annuelle, l’arbre donne 10 à 15 fruits, ces mêmes fruits possèdent entre 100 et 200 graines de Tagua.

tagua4.jpg
Autrement dit, un arbre à tagua produit entre 15 à 20 kilos de noix par an, ce qui correspond au poids des défenses d’un éléphant de 6 tonnes... Contrairement à l’éléphant privé de ses défenses, l’arbre à tagua a une durée de vie de 50 ans à partir de sa première floraison, c'est-à-dire à partir de 8-10 ans, et continuera à produire ses 15 à 20 kg d’ivoire végétal par an.

Histoire du corozo
Jusqu’au début de ce siècle, l’exploitation de la Tagua était un moteur de l’activité exportatrice, notamment en Equateur. On produisait avec cette graine des boutons en tous genres, pour la haute couture et pour les uniformes de l’armée équatorienne, ainsi que des objets artisanaux, des jouets, des décorations, des bijoux...etc.

Mais l’arrivée du plastique a diminué de manière considérable sa valeur commerciale.

A l’issue de la seconde guerre mondiale le marché s’était complètement effondré.

Boutons en corozoGrâce au retour aux tendances de consommation naturelles et responsables, les exportations de Tagua ont été relancées et sa production s’est modernisée. Elle est pour les habitants de la région une nouvelle source de revenus, issus de l'exploitation raisonnée de la forêt.

Bien qu’à faible volume et à son début, la récolte de la tagua apparaît aujourd’hui comme une des solutions possibles, permettant de lutter contre la déforestation en Amazonie et d’aider les populations locales à être moins dépendantes des grands propriétaires terriens.

En Equateur, on estime à 35 000 personnes environ le nombre de « tagueros », nom donné à tous ceux qui travaillent la tagua.

Pour en savoir plus sur ce métier méconnu, allez sur
« Comment je suis devenue taguera »
et Le travail à l’atelier


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